Samsung : Offensive majeure sur l’IA et retour sur les standards du milieu de gamme

Dans un contexte technologique en pleine effervescence, Samsung Electronics affiche clairement ses ambitions pour l’année à venir. Le géant sud-coréen a dévoilé une stratégie agressive visant à doubler le nombre de ses appareils mobiles équipés de l’intelligence artificielle « Galaxy AI », propulsée en grande partie par le modèle Gemini de Google. Cette annonce intervient alors que le constructeur continue de s’appuyer sur son expertise hardware, illustrée par des modèles emblématiques comme le Galaxy A71, pour asseoir sa domination face à une concurrence chinoise et américaine toujours plus vive.

Une expansion massive de l’intelligence artificielle

L’objectif fixé par T.M. Roh, co-PDG de Samsung Electronics, est sans équivoque : faire passer le parc d’appareils intégrant des fonctionnalités d’IA de 400 millions l’an dernier à 800 millions d’ici 2026. Lors de sa première interview depuis sa prise de fonction, le dirigeant a martelé sa volonté d’intégrer l’IA à « tous les produits, toutes les fonctions et tous les services aussi rapidement que possible ». Cette manœuvre stratégique vise à redonner l’avantage à l’entreprise face à ses rivaux dans une course mondiale à l’innovation qui s’intensifie.

Ce partenariat renforcé avec Google, créateur de la plateforme Android, place les deux entités en confrontation directe avec OpenAI et d’autres acteurs majeurs cherchant à capter l’attention du grand public. Alphabet, la maison mère de Google, a d’ailleurs lancé en novembre dernier la dernière mouture de Gemini, revendiquant une avance technique sur plusieurs mesures de performance face à GPT-5.2, le modèle concurrent d’OpenAI. Selon certaines sources, cette avancée aurait même déclenché un « code rouge » chez le créateur de ChatGPT, forçant une réorganisation interne d’urgence.

Pour Samsung, l’enjeu est double : reconquérir le trône du marché des smartphones perdu au profit d’Apple et endiguer la montée en puissance des constructeurs chinois, non seulement dans la téléphonie, mais également dans les secteurs des téléviseurs et de l’électroménager. T.M. Roh se montre optimiste quant à l’adoption de ces technologies par le public. Les enquêtes internes révèlent que la notoriété de la marque « Galaxy AI » a bondi de 30 % à 80 % en seulement un an. « Même si la technologie peut sembler incertaine aujourd’hui, elle se généralisera d’ici six à douze mois », assure-t-il.

Défis économiques et pénurie de composants

Cette accélération technologique se heurte toutefois à une réalité économique complexe. Une pénurie mondiale de puces mémoire secoue actuellement l’industrie. Si cette situation favorise la division semi-conducteurs de Samsung, elle met sous pression les marges de sa branche mobile, sa deuxième source de revenus. T.M. Roh a prévenu qu’aucun acteur n’était immunisé face à cette crise sans précédent, n’excluant pas une hausse des prix des produits pour compenser l’envolée des coûts des composants.

Parallèlement, le marché des smartphones pliables, segment que Samsung a ouvert en 2019, connaît une croissance plus lente que prévu. Malgré une part de marché de près de deux tiers au troisième trimestre 2025, le constructeur fait face à des défis d’ingénierie et à un manque d’applications adaptées. Néanmoins, l’entreprise reste confiante, prévoyant une démocratisation de ces formats d’ici deux ou trois ans, alors qu’Apple s’apprête à entrer dans la danse avec son premier modèle pliable cette année.

L’excellence matérielle comme fondation : l’exemple du Galaxy A71

Pour comprendre la base installée sur laquelle Samsung compte déployer ses services, il est pertinent d’analyser son savoir-faire sur le milieu de gamme, segment crucial pour le volume des ventes. Le Galaxy A71, lancé commercialement en janvier 2020 au tarif de 479 euros, incarne parfaitement cette philosophie d’équilibre entre design soigné et fiche technique solide.

Ce smartphone se distingue par un grand écran Super AMOLED de 6,7 pouces affichant une définition Full HD+ de 2400 x 1080 pixels. Malgré des dimensions imposantes, l’appareil reste étonnamment léger (179 g) et offre une prise en main agréable grâce à un dos en plastique aux finitions soignées. Si l’on peut regretter l’absence de certification d’étanchéité IP et un lecteur d’empreintes optique sous l’écran parfois capricieux, le design global reste une réussite. Le poinçon discret abritant la caméra frontale et la présence, devenue rare, d’une prise Jack 3,5 mm sont des atouts indéniables.

Performance et photographie polyvalente

Sous le capot, le A71 ne déçoit pas. Équipé d’un SoC Qualcomm Snapdragon 730 couplé à 6 Go de RAM, il délivre des performances proches du haut de gamme de l’époque. Sa batterie généreuse de 4500 mAh, compatible avec la charge rapide 25W, lui confère une excellente autonomie, permettant de récupérer 50 % de charge en trente minutes. Côté logiciel, l’interface One UI vient enrichir l’expérience utilisateur avec de nombreuses options de personnalisation, bien que la recharge par induction manque à l’appel.

Le volet photographique illustre la volonté de Samsung de multiplier les usages. Avec un quadruple module arrière — dont un capteur principal de 64 Mpx et un ultra grand-angle de 12 Mpx — le smartphone produit des clichés détaillés aux couleurs vives en plein jour. Le constructeur a également intégré un objectif macro de 5 Mpx pour les prises de vue très rapprochées, ainsi qu’un capteur de profondeur. Si la qualité s’amoindrit logiquement en basse luminosité, le mode nuit parvient à sauver les meubles, confirmant que Samsung maîtrise l’art de proposer un outil polyvalent.

C’est sur cette base matérielle éprouvée et diversifiée que le géant coréen entend désormais bâtir son écosystème intelligent, fusionnant ainsi la fiabilité de ses terminaux avec la puissance de l’IA générative pour les années à venir.